• Masahide Otani

    Masahide Otani
    27.06.2006 - 29.07.2006
    Masahide Otani
  • Masahide Otani

    Masahide Otani
    27.06.2006 - 29.07.2006
    Masahide Otani
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    Masahide Otani
    27.06.2006 - 29.07.2006
    Masahide Otani
  • Masahide Otani

    Masahide Otani
    27.06.2006 - 29.07.2006
    Masahide Otani
  • Masahide Otani

    Echafaudage standard, 2005
    Bois, lasure
    380 x 190 x 100 cm
    pièce unique
    Masahide Otani
  • Masahide Otani

    La chambre espagnole, 2006
    Bois, lasure
    250 x 180 x 80 cm
    pièce unique
    Masahide Otani
  • Masahide Otani

    Je-fait, 2006
    Bois, lasure, vis
    Dimensions variables
    pièce unique
    Masahide Otani

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Texte

Le travail de Masahide Otani est exemplaire. Chacune des pièces est réalisée en contreplaqué lasuré : tables, chaises, chevalet, échafaudage. Mais ses objets ne sont pas exactement ce que formellement ils prétendent être. Ce n?est pas un échafaudage, mais un objet-dit-échafaudage, un objet-formulé-échafaudage. Et c?est en cela qu?ils sont fondamentalement exemplaires, paradigmatiques, parce qu?ils se formulent à côté. Ici tout se joue à côté. Reconstitution 2 n?est pas autre chose que des tables et des chaises d?un café, Je fait n?est pas autre chose qu?une série d?échafaudages de chantier, La chambre espagnole n?est pas autre chose qu?un châssis sur un chevalet, et pourtant ils sont tous littéralement autre chose. Ils sont cette deuxième fois, cette reprise, ce « de nouveau » qui fait que ces objets, dans un écart, produisent un déplacement. Ils acquièrent, pour le coup, une singularité exemplaire et inqualifiable. C?est littéral et exemplaire parce qu?il s?agit bien d?une répétition, d?une re-formulation : un échafaudage est un échafaudage est une tautologie. Mais il y a bien sûr un écart dans cette deuxième fois, ce n?est plus exactement le même objet parce que nous devons déplacer notre manière de voir, nos usages. Chaque pièce de Masahide Otani joue sur ce déplacement, sur cet écart. D?abord en maintenant en chaque objet la forme intacte mais en neutralisant par le matériau son usage premier : aucune chaise ne peut servir comme il est bien sûr impossible de se servir des échafaudages. En maintenant encore dans ces objets l?idée possible de leur fonction mais en la perturbant : dans La chambre espagnole si la fonction du chevalet est maintenue elle s?absorbe doublement parce que l?objet est inutilisable, mais aussi parce qu?il renvoie à une illusion perspectiviste dans laquelle Velasquez lui-même pourrait se perdre. Enfin en exposant à la lettre ce déplacement et cet écart jusque dans le langage : ce qui est littéral, répété, est en soi, et c?est ici sans doute le sens le plus profond, une traduction, au sens de cet écart dans l?usage, au sens de cette grammaticalité, Je fait, qui restitue à la langue, au sujet, à la forme et à ce que je vois un nouvel usage possible et pour « le faire être de nouveau autant que pour le rendre à sa puissance, à l?indifférente vérité de la tautologie » (Giorgio Agamben, Bartleby o della contingenza). Mais dans ces autres usages, se profile déjà une ombre, ces chaises vides, ce châssis vide et ces échafaudages contre des murs blancs qui disent ou finissent par dire une sorte d?avertissement de chantier, « attention travaux », on ravale : s?agit-il de ruines ou est-ce en cours de montage ? Les ?uvres de Masahide Otani sont bien ici encore exemplaires.




Fabien Vallos